La victoire de Nico Boidevezi(12-08, 19h00) La victoire de Nico Boidevezi

Une victoire pour chacun. Nico Boidevezi (ImaginAlsace) a résisté jusqu'au bout au retour de Giancarlo Pedote (Prysmian) pour s'adjuger la victoire dans la deuxième étape des Sables – Les Açores – Les Sables. Il réédite sa performance de l'édition 2012 en s'emparant de la deuxième place du classement général. Giancarlo Pedote ne réalise pas le grand chelem, mais devrait signer une victoire magistrale avec près de 9 heures d'avance sur son dauphin au classement général.

Le record de Bertrand Delesne lors de l'édition 2010 ne sera pas battu, mais c'est un très joli temps de référence qu'établit malgré tout le skippeur d'ImaginAlsace à près de 9 nœuds de moyenne sur l'étape retour. Nico Boidevezi est parti le couteau entre les dents et n'a pas ménagé sa peine, alignant des journées à plus de 250 milles (264,7 milles pour la journée du 11 août, soit 11 nœuds de vitesse moyenne). Derrière lui, Giancarlo Pedote avait annoncé ses intentions : compte tenu de son avance à l'issue de la première étape, il était hors de question de prendre de risques inutiles. Néanmoins, le skipper italien n'est pas resté à amuser la galerie puisqu'au final, il ne devrait concéder qu'un peu plus de deux heures au vainqueur de l'étape.

Une étape pour gros bras et gros cœur

Avec le passage de la dépression tropicale Bertha sur le nord de la zone de course, tout le monde savait que cette étape retour serait musclée. Il fallait donc trouver le bon tempo pour négocier au mieux le flux d'ouest qui s'installait progressivement sur l'Atlantique et une mer croisée souvent synonyme de casse. Mais s'il est une chose que maîtrise parfaitement Nico Boidevezi, c'est bien la navigation dans la brise. A ce petit jeu, le navigateur rochelais sait trouver ses limites et, sur un bateau qu'il connaît parfaitement, a donné un véritable récital. Deuxième du classement général derrière Giancarlo Pedote, il n'en pouvait plus de savourer son bonheur arrivé sur le ponton du Vendée Globe : non seulement, il réédite sa performance de l'édition précédente, mais de surcroit, il mène l'étape quasiment de bout en bout puisqu'il a doublé son adversaire la première nuit pour ne plus lâcher la tête jusqu'à l'arrivée. L'état de son bateau, impeccable, témoigne de la qualité de sa performance.
Seul petit bémol, une fin de course compliquée où Nicolas a vécu dans la hantise d'un retour de Giancarlo, quand il tentait de négocier au mieux une dernière navigation côtière, très largement perturbée par des nuages orageux et un vent très instable. Attendu au début de matinée, le skipper d'ImaginAlsace n'a finalement coupé la ligne qu'après 16h 30mn.

Des écarts exceptionnels

Derrière Giancarlo Pedote, il faudra, a priori, attendre une bonne dizaine d'heures avant de voir le troisième concurrent franchir la ligne d'arrivée. Michele Zambelli (Fontanot) complètera ainsi le podium de l'étape comme du classement général. Derrière eux, la bagarre continue de faire rage entre Ludovic Méchin (Microvitae) et Ian Lipinski (Entreprises Innovantes).
En série, Tanguy Le Turquais (Terréal Rêves d'Enfance) possède près de 100 milles d'avance sur ses poursuivants. Seule entrave possible à sa marche triomphale, les conditions de vent erratiques qui règnent sur le golfe de Gascogne. A tour de rôle, les skippers subissent de très sérieux coups de frein passant de 7 à 8 nœuds à parfois moins de 2 nœuds. Le cœur de cette petite dépression relative qui semble être la cause de tout ce grand bazar progresse petit à petit vers le fond du golfe de Gascogne et atteint les concurrents les uns après les autres. Pas de jaloux, au final tout le monde aura été logé à peu près à la même enseigne... Certains vont finir par regretter les surfs où ils serraient les fesses du bateau de peur que ça ne s'arrête jamais. Contenter un marin, ce n'est pas toujours la mission la plus simple...

PFB

Ils ont dit :

Nico Boidevezi (ImaginAlsace)

« C'est difficile de rêver mieux. Arriver ici aux Sables d'Olonne en vainqueur et remonter le chenal, c'est magique. Je m'étais fixé comme objectif avant le départ de la course de finir sur le podium. Au final, je réalise la même performance qu'il y a deux ans en réussissant à mener toute l'étape devant Giancarlo Pedote. Ça prouve que des bateaux comme le mien ont encore une carte à jouer et qu'on n'est pas tous condamnés à avoir un museau rond.
Personnellement, c'est une très belle victoire, car je pense que c'était ma dernière course sur le circuit Mini. Ça fait six ans que je cours sur ce bateau et je voudrais maintenant tourner la page, avec l'objectif d'être ici dans deux ans au départ du Vendée Globe. Ça ne m'empêchera pas de garder une tendresse particulière pour ces drôles de bateaux que sont les Minis. »

 

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