Jonas Gerckens (Netwerk)Sur le remblai des Sables d'Olonne, les cohortes de touristes se pressent pour profiter des dernières heures de beau temps avant une fin de semaine pluvieuse ; au large, une autre colonie avance à grandes enjambées vers la bouée de Nouch Sud et l'arrivée. Deux mondes, deux ambiances : à terre, c'est crème solaire, glaces à l'eau et cheese cakes avalés sur le pouce, au large, ce serait plutôt masque de plongée et combinaison sèche. La rencontre est prévue pour demain aux premières heures de la matinée.

Nico Boidevezi (ImaginAlsace), dans le rôle du récidiviste, s'apprête si tout va bien, à franchir comme en 2012, la ligne d'arrivée de cette seconde étape en tête. Son avance ne sera pas suffisante pour inquiéter Giancarlo Pedote (Prysmian) qui, en bon patron de la flotte, a choisi de naviguer à sa main, offrant du même coup, un bon de sortie à son adversaire. Le navigateur italien avait annoncé la couleur : l'essentiel pour lui était d'arriver à bon port avec un bateau en parfait état. On connaît la minutie de Giancarlo : c'est à peine s'il n'aura pas passé l'aspirateur dans la cabine, donné un coup de fer à repasser sur ses voiles, pour franchir la ligne propre comme un sou neuf. La conscience professionnelle se niche dans les détails. Les deux hommes devraient être suivis dans la soirée par le trio Michele Zambelli (Fontanot), Ludovic Méchin (Microvitae) et Ian Lipinski (Entreprises Innovantes). Dans quel ordre ? Actuellement, Michele et Ludovic disposent d'un peu d'avance, mais Ian mieux placé pour négocier le dernier empannage avant de rejoindre la ligne, pourrait leur souffler la troisième place de l'étape, in extremis.

L'appétit vient en mangeant

Après le podium, Tanguy Le Turquais (Terréal Rêves d'Enfance) serait-il en passe de s'adjuger la victoire finale dans cette édition 2014 ? Au classement de 17h, il possède maintenant 69,2 milles d'avance sur Jonas Gerckens (Netwerk). Il faut donc que le skipper belge soit en mesure de franchir cette distance en moins de 8h 07mn 12s, l'écart qui les séparait à l'issue de la première étape. On ne serait donc pas étonné que Tanguy Le Turquais ne soit tenté de nous proposer un remake de la nuit du chasseur. Frissons garantis.

Les gens heureux n'ont pas d'histoire

Logiquement, la bataille pour la victoire tend à focaliser les regards du spectateur. Mais, il en est aussi d'autres qui continuent de faire leur course rondement : on ne les entend pas forcément beaucoup, ils n'ont pas d'avaries majeures, ils ne bataillent pas pour la tête de flotte, mais pour l'essentiel, ils savent pourquoi ils sont là. Il suffisait de voir à l'arrivée les sourires ravageurs de Lizzy Foreman (Hudson Wight) ou Nikki Curwen (Blue Project), de mesurer l'envie de repartir en mer d'un Simon Bruniholz (MiniLab-www.defiatlantique.ch) ou d'un Yann Claverie (Map Product) pour qui cette première étape fut un baptême du feu pour comprendre que cette course n'est pas qu'une épreuve sportive parmi d'autres. Outre la magie de l'escale açorienne, c'est la première véritable opportunité pour les candidats à la traversée de l'Atlantique de se jauger concrètement à l'épreuve du large. Beaucoup découvrent à l'occasion qu'ils aiment cette solitude, cette sensation d'être à la fois unique et minuscule face aux éléments, d'osciller entre plaisirs égoïstes d'une glisse parfaite et l'inquiétude de savoir de quoi demain sera fait. Ils ne le savent pas encore, mais le virus qui vient de leur être inoculé n'a pas vraiment de vaccin.

PFB

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