Deux Italiens sur le podium...

Giancarlo PedoteAu vu de ses résultats de l'avant-saison, Giancarlo Pedote était le favori. Il a fait honneur à son statut en dominant la course de l'étrave et du maitre bau. Trajectoires propres, vitesse et peut-être un soupçon de chance ont contribué à asseoir la domination du navigateur italien installé à Lorient depuis plus de deux ans.

Il est arrivé finalement en fin de matinée. Attendu en fin de nuit, Giancarlo Pedote a finalement coupé la ligne à 11h 55mn 30s (TU +2) entre deux grains de pluie particulièrement arrosés. Passé au sud de l'île de Pico, le skipper de Prysmian reconnaissait avoir eu « la tentation de couper un peu le fromage » pour parvenir au plus vite à Horta. Mais les reliefs du volcan génèrent, par vent de sud, des zones tampons où sévissent de grandes périodes de calme. Il a donc fallu patienter avant que Giancarlo ne s'offre une victoire sans discussion sur cette première étape. Tout sourire, le navigateur italien a pu mesurer le chemin parcouru depuis deux ans où il se présentait pour la première fois sur son plan David Raison. Depuis, à force de travail de préparation, d'entraînements intensifs, Giancarlo a totalement pris la mesure de sa machine. Reste maintenant à boucler le travail sur la deuxième étape : pas d'euphorie excessive donc pour le skippeur de Prysmian qui voit ici une excellente préparation psychologique pour son prochain défi, la Route du Rhum Destination Guadeloupe.


En deuxième place, Michele Zambelli (Fontanot) affirme, au fil des courses, sa pugnacité et son talent. Révélé lors de l'édition 2012 de la course, il avait confirmé lors de la Mini Transat son mental de battant. En rachetant l'ancien voilier d'Aymeric Chappellier, le jeune navigateur italien se devait de franchir une marche. C'est fait et plutôt bien.

Davy Beaudart en route vers Sao Miguel

Le skippeur de Cultisol, démâté depuis samedi matin, est entré en contact la nuit dernière avec un des bateaux accompagnateurs de la course. Davy a pu confectionner un semblant de gréement de fortune à l'aide de son tangon. Il va tenter de faire route vers l'île de Sao Miguel et le port de Ponta Delgada où il espère trouver un cargo pour charger son prototype en France.

Série : nord, la voie royale

La rivalité entre les hommes du nord et le groupe du sud tourne à la punition. Hier encore, Damien Cloarec (ETF-www.damiencloarec.fr) et Tanguy Le Turquais (Terréal – Rêves d'Enfance) comptaient un peu plus de 25 milles de retard sur le trio de l'orthodromie. Aujourd'hui, ils pointent respectivement à 90 et 70 milles des leaders, soit une perte sèche d'une soixantaine de milles en 24 heures. Mais surtout, cette perte intervient au plus mauvais moment, car il ne reste plus que 130 milles aux leaders pour en terminer. Ça commence à sentir l'écurie pour Damien Audrain (EPC – Rêves de Clown), Jonas Gerckens (Netwerk) et François Jambou (Kaïros)... Pour Tanguy Le Turquais et Damien Cloarec, l'objectif est maintenant de diminuer la casse en prévision de la seconde étape.
En queue de flotte, c'est toujours Ian Lipinski (Entreprises Innovantes) qui ferme la marche. Il pointe maintenant à 450 milles de l'arrivée. Si le vent le veut bien, tout le monde devrait être à poste dans la marina de Horta dans la journée de mercredi. Le hasard fait bien les choses, puisque c'est à compter de ce jour que le beau temps devrait faire son retour sur l'île de Faial. Les rayons du soleil forment parfois des baumes apaisants pour soigner les blessures d'amour-propre.

PFB

 

GIANCARLO PEDOTE : « C'EST UN CERCLE VERTUEUX »

GIANCARLO PEDOTE : « C'EST UN CERCLE VERTUEUX »Premiers mots sur le ponton d'arrivée...

Rappel : arrivée à 11h 55mn 30s (TU+2). Temps de course de Giancarlo Pedote : 6j 22h 53mn 30s, soit une moyenne de 7,62nds par rapport à l'orthodromie.

A peine arrivé sur le ponton, Giancarlo Pedote a tenu tout d'abord à dire un mot pour sa femme Stefania et son fils Aurelio. « C'est la première fois de ma carrière de coureur au large que Stefania n'est pas à l'arrivée, c'est bizarre. J'ai découvert aussi à quel point c'était difficile de les quitter au moment du départ. »

Les incidents de course :
« Dans l'ensemble ; tout s'est bien passé. C'était une course technique, intéressante, il fallait rester concentré. Seuls incidents : j'ai de nouveau brisé mon bout-dehors quelques jours avant d'arriver et je suis tombé en panne de BLU pour les derniers milles. Du coup, je n'avais plus de météo, plus de classement. Quand je me suis retrouvé encalminé sous Pico, la nuit dernière, j'ai eu peur que ce soit cuit pour moi. Mais dans l'ensemble, ce fut une belle course avec plein de bons moments. On est allé vite, c'est bien.»

Une concentration nécessaire :
« Il fallait rester vigilant tout du long de la course. Il a fallu négocier la courbure de l'anticyclone dans le golfe de Gascogne, se positionner pour franchir la dorsale. Il ne faut pas oublier que c'est une course par étape : tout ce qui est pris maintenant servira pour le retour. Et ne jamais oublier que l'on n'est qu'à la moitié du parcours. »

La course avec Davy Beaudart :
« Je viens d'apprendre qu'il avait démâté. C'est trop moche, on avait fait une belle course, c'était serré entre nous deux. »

En guise de conclusion :
«C'est agréable parce que l'on ressent que tout le travail effectué paie. Plus tu sens que tu maitrises ton sujet, plus tu es en confiance, plus tu oses des choses. Et quand la réussite est là, tu a l'impression que ça devient presque facile. Oui, je suis de plus en plus serein. »

 

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