Armand de Jacquelot (We Van) © Jacques Vapillon / Mini Transat Îles de Guadeloupe 2015
  • Huit séries déjà à Pointe-à-Pitre
  • Vincent Grison, dixième proto
  • Encore une dizaine de coureurs attendus dans la nuit

En rafales. Les arrivées se sont succédées hier soir à la marina Bas-du-Fort. Pas moins de cinq solitaires ont franchi la ligne en à peine plus d’une heure. Bien évidemment, ces accostages groupés ont quintuplé le facteur d’ambiance. Outre le plaisir des uns et des autres à s’être retrouvés après une telle bagarre, c’était l’heure des comptes d’apothicaire pour le classement général en série.

Les premiers seront les derniers. La métaphore biblique était à l’honneur hier au soir, considérant les arrivées des bateaux de série. Premier à franchir la ligne, Edouard Golbery (Les Enfants du Canal) finira finalement sixième du classement général des séries, laissant les places d’honneur à Armand de Jacquelot (We Van), cinquième de l’étape et du général et Charly Fernbach (Le Fauffiffon Hénaff) qui fort de son avance de la première étape réussit à conserver la quatrième place du général, malgré sa place de septième de l’étape. Intercalé entre tous ces cadors, Edwin Thibon (Cœur Fidèle) n’en revenait pas encore de sa sixième place de l’étape.
Tous ces marins en manque de parole se retrouvaient enfin pour, une fois de plus, refaire le match. Il y en avait pour tous les goûts. De Charly, volubile entre tous, qui passait en revue ses états émotionnels à Armand de Jacquelot, profondément pragmatique et rationnel, tous avaient à cœur de revivre cette traversée de l’Atlantique exceptionnelle par sa rapidité et son intensité. Vincent Grison (Roll My Chicken) retrouvait quant à lui, la confrérie des prototypes pour échanger sur les quilles basculantes, les meilleurs gestes à faire en cas de départ à l’abattée, la conduite d’un proto dans les surfs… Bref ! S’ils ne se sont pas étripés précédemment sous une mêlée, le retour des marins à terre ressemble étrangement à la troisième mi-temps des rugbymen. Besoin terrible de faire des phrases, bourre-pif en moins, mais même esprit de solidarité, même ferveur collective, mis à part le terrain de jeu, les correspondances sont évidentes.

Eclopés ou contemplatifs ?

Les arrivées vont continuer de se succéder à Pointe-à-Pitre où l’on attend incessamment Fidel Turienzo (Satanas), mais aussi Simon Bruniholz (www.defiatlantique.ch Mini Lab), Antonio Fontes (Vela Solidaria), Arnaud Machado (Du Léman à l’Océan), Patrick Girod (Nescens), Rodolphe Victorri (Saint-Pierre et Miquelon), Olivier Taillard (Alternative Sailing – Kerhis) et Roland Ventura (Fondation Planiol). Il va falloir discerner dans ce paquet ceux qui ont dû lever le pied suite à de la casse, ceux qui se sont égarés sur des routes incertaines et ceux qui avaient estimé que le rythme imposé par les leaders était pas trop déraisonnable. Sans oublier que tous ces navigateurs en sont à leur première Mini Transat, que traverser l’Atlantique est une découverte de soi-même, de craintes qu’il faut apprendre à maîtriser. Quand on s’élance pour la première fois, c’est souvent difficile de placer les curseurs au bon endroit. Thomas Guichard (Carrefour) arrivé ce matin en Guadeloupe en huitième position sur son Pogo 2 et qui est assuré de rester dans le top 10, son objectif rêvé, l’avouait sans ambages : « il y a deux ans, j’étais venu pour traverser l’Atlantique, réaliser un rêve d’aventure. Cette année, c’était l’objectif sportif qui primait. Je suis moins resté à contempler les levers et couchers de soleil, mais qu’est-ce que c’est bon de dévaler l’Atlantique à cette vitesse… » L’appétit vient en mangeant.

Source : Mini Transat

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