Julien Pulvé S 880 Novintiss © Jacques Vapillon / Mini Transat Îles de Guadeloupe 2015
  • Bataille indécise en séries comme en prototypes
  • Ciel gris et vent soutenu toujours au menu
  • La liste des bobos s’allonge

Moins de 5 milles, c’est en distance au but, l’écart qui séparait le premier du quatrième prototype au classement de 15 heures. En série, c’est aussi une bagarre de chaque instant entre les deux frères ennemis des Ofcet, largement dominateurs à plus de 40 milles du troisième. A ce rythme, les premiers pourraient toucher la Guadeloupe, dès le 12 novembre en fin de journée.

Frédéric Denis P 800 Nautipark © Jacques Vapillon / Mini Transat Îles de Guadeloupe 2015Ian Lipinski S 866 Entreprise(s) Innovante(s) ©  Jacques Vapillon / Mini Transat Îles de Guadeloupe 2015

Entre Clément Bouyssou (Le Bon Agent ! Bougeons l’Immobilier) et Axel Tréhin (Aleph Racing) c’est de la navigation à vue. Les deux hommes naviguent à quelques encablures l’un de l’autre sur le même bord, une situation idéale quand on veut pousser les feux de sa machine. La présence d’un adversaire bord à bord permet de s’étalonner, de se poser les bonnes questions sur les réglages. En tous cas, ça continue de cavaler sur la route de la Guadeloupe et l’on semble s’acheminer vers un nouveau temps record à battre entre les Canaries et les Antilles. Derrière les deux leaders Frédéric Denis (Nautipark) semble reprendre du poil de la bête. Positionné plus au sud, il est en situation favorable pour reprendre rapidement la tête de flotte. Mais l’alerte fut chaude. Positionné plusieurs heures durant à vitesse réduite, Fred a certainement dû avoir à résoudre un problème technique : bris d’une pièce comme un bout dehors, déchirure d’une voile, problème de pilote ? Toutes les hypothèses sont possibles, mais les quelques 40 milles d’avance qu’il avait patiemment rangé dans sa besace ont fondu comme neige au soleil. Le quatrième larron n’est autre que Ludovic Méchin (Microvitae), lui aussi toujours en course pour la victoire finale. Ce serait un drôle de retournement de situation pour celui qui avait terminé hors temps du classement des prototypes en 2013. Qui plus est, une victoire ferait rentrer son bateau dans l’histoire en devenant le seul à inscrire par trois fois son nom en haut du palmarès de la Mini Transat.

Série : Ian, Julien et les autres…

En série, la domination des Ofcet, particulièrement à l’aise dans ces conditions, en devient presque insolente. Des bateaux taillés pour la brise dont la puissance fait merveille dans cette mer désordonnée, deux marins particulièrement affutés aux manettes, il n’en fallait pas plus pour que les deux compères se fassent la belle. Derrière on tente de limiter les dégâts. Tanguy Le Turquais (Terréal) tente de compenser son déficit de vitesse par la qualité de ses trajectoires, mais il reste sous la menace de marins qui se révèlent dans cette deuxième étape, tel Edwin Thibon (Cœur Fidèle), quatrième ou bien encore Edouard Golbery (Les Enfants du Canal) sur une position très sud. Le même Edouard a visiblement des fourmis dans les safrans puisqu’il a communiqué à un des bateaux accompagnateurs qu’il avait heurté un cétacé avec comme corollaire, deux varangues fissurées. Qu’à cela ne tienne, un peu de stratification pendant que le bateau file à près de dix nœuds et l’affaire est dans le sac.

Bouteille à la mer

Lizzy Foreman (Hudson Wight) a annoncé, quant à elle, avoir déchiré ses deux spinnakers. Un peu de couture et il n’y paraîtra plus. Enfin, Roland Ventura (Fondation Planiol) était tout heureux d’annoncer à la vacation qu’il avait fini par réparer tous les soucis techniques qui le perturbaient depuis la première nuit. Le navigateur d’origine italienne avait d’ailleurs prévu une initiative originale pour cette deuxième étape, puisqu’il comptait jeter une bouteille à la mer avec un mot de remerciement pour tous ceux qui l’avaient aidé à monter son projet. Une manière de continuer à faire vivre la Mini Transat et la faire connaître au delà des mers. Après le pigeon de Maxime Eveillard dans la première étape, la bouteille à la mer de Roland Ventura est la preuve de la persistance d’un esprit frondeur propre à la communauté des Ministes. A l’heure des réseaux sociaux, donner du temps au temps est un luxe devenu rare.

Classement du 5 novembre à 15h (TU+1)

Séries (Classement Ocean Bio-Actif)
1 Ian Lipinski – 866 – Entreprises Innovantes à 1860,5 milles de l’arrivée
2 Julien Pulvé – 880 - Novintiss à 3,6 milles
3 Tanguy Le Turquais – 835 – Terréal à 48,3 milles
4 Edwin Thibon – 721 – Cœur Fidèle à 66,9 milles
5 Antonio Fontes – 745 – Vela Solidaria à 70,0 milles

Prototypes (Classement Eurovia Cegelec)
1 Clément Bouyssou – 802 – Le Bon Agent – Bougeons l’Immobilier à 1768,3 milles de l’arrivée
2 Axel Tréhin – 716 – Aleph Racing à 0,2 milles
3 Frédéric Denis – 800 – Nautipark à 2,0 milles
4 Ludovic Méchin – 667 – Microvitae à 3,7 milles
5 Luke Berry – 753 – Association Rêves à 16,5 milles

Source : Mini Transat

Se sortir du paquet

62ème - 05/11/2015 20:11:43

1105 201143

Une journée de dilemne et de prudence pour contrôler les copains, rester au contact et ne pas perdre de places. Résultat, une 62ème place sans panache, mais avec la raison comme ligne de conduite.

Et ce soir à 20h00, un routage de rêve qui préconise d'arrêter de tergiverser et de reprendre une route franchement Nord-Ouest, avec un cap moyen de 283° pendant 3 jours, et un empennage le 9 en mi-journée.

C'est un pari osé, tant le groupe des Kadors s'est postionné nettement plus auSud pour bénéficier de plus de vent. Mais bon, Rêve Océan pourrait se contenter de suivre le troupeau et faire le job, sans plus, mais ça vaut le coup d'essayer une variante qui peut s'avérer payante... ou pas !

C'est, à ce moment de la course, l'occasion de se sortir du paquet.

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