Nicolas d'Estais P 630 Librairie Cheminant © Jacques Vapilllon / Mini Transat Îles de Guadeloupe 2015
  • Début des avitaillements en vue de la deuxième étape
  • Un équilibre à trouver entre l’utile et l’agréable
  • Plus que la nourriture, l’eau un enjeu majeur

Ils commencent à avoir des fourmis dans les safrans. Les concurrents de la Mini Transat îles de Guadeloupe, après plus de trois semaines d’escale, sont impatients d’en découdre, de se coltiner enfin à cette traversée de l’Atlantique dont ils rêvent tous. Mais pour arriver en forme et lucide de l’autre côté de la mare aux canards, encore faut-il avoir bien gérer sa consommation de nourriture comme de boissons.

« En 2013 je m’étais nourri principalement de lyophilisé… A l’arrivée en Guadeloupe, je me suis juré : jamais plus » Ludovic Méchin (Microvitae) a le mérite d’être clair. Pour lui, reconnaître l’odeur du terroir, satisfaire ses papilles sont autant d’aide à la performance. Sans plaisir du manger, le navigateur solitaire perd une part de son moral, si essentiel sur cette deuxième étape où le risque de naviguer coupé de tout lien à l’extérieur est présent dans toutes les têtes.

Les saveurs du palais

Dans l’ensemble, les coureurs essaient donc de trouver le juste équilibre entre plusieurs contraintes. Première d’entre elles, le poids. En Mini, l’intérêt du lyophilisé est moindre, dans la mesure où les coureurs n’embarquent pas de dessalinisateur. Le bilan tourne ainsi rapidement à l’avantage des plats appertisés sous vide, d’autant plus que le goût comme la texture sont plus proche des plats faits « comme à la maison ». Ce qui n’empêche pas d’embarquer quelques douceurs : à bord de Nautipark, Fred Denis a déjà pensé aux longues heures de solitude sur l’Atlantique : « j’ai trouvé un bon pain qui devrait se conserver plus d’une semaine, avec un peu de jamón serrano, des douceurs du style petites sucreries, des poudres énergisantes à mélanger parfois avec l’eau, histoire de varier les plaisirs… »
Tous ne poussent pas le bouchon aussi loin, même si l’alimentation reste une préoccupation forte. Tanguy Le Turquais (Terréal) a fait venir toute sa nourriture, essentiellement des conserves sous vide, depuis la France. Tout est codifié, planifié pour respecter le fameux équilibre entre plaisir et efficacité. « Il faut aussi disposer d’aliments à grignoter tout de suite. Parfois, descendre à l’intérieur du Mini pour faire à manger est tout bonnement impossible. C’est pour çà que j’embarque pas mal de fruits secs. Et puis des pomelos ! Ça se conserve bien et c’est tellement bon d’avoir encore des fruits frais après plusieurs jours de mer » témoigne encore Ludovic Méchin. D’autres ont opté pour des solutions plus minimalistes tel Carl Chipotel (Gwadloop !) : « Pour moi, ce sera du lyophilisé, point barre ! J’attendrai d’être arrivé chez moi pour retrouver les saveurs des Antilles ».

De l’eau, de l’eau

Pour cette deuxième étape, les coureurs auront le droit d’embarquer 120 litres d’eau ou de liquides comestibles divers. Soit environ 6 litres d’eau par jour sur une base de 20 jours de course. Cela peut paraître important, mais tous les avis des médecins convergent : par forte chaleur, un skipper devrait boire entre trois et quatre litres d’eau par jour pour éviter de souffrir de déshydratation. En deçà, ce sont les facultés mentales qui s’érodent. Une déshydratation de 10% équivaudrait à un déficit de sommeil de plusieurs heures. Pour rester lucide, pensons à boire sans modération.

La débrouille solidaire

Ces trois semaines de pause à Lanzarote ont aussi permis aux coureurs de se connaître mieux, de nouer des liens différents que ceux que l’on peut avoir dans le feu de la préparation d’un départ ou juste à l’issue d’une course. Ici, les relations ont commencé à se construire dans la durée pour ceux qui sont restés sur place. C’est tel concurrent passant près des pontons de la Marina Lanzarote qui va spontanément vérifier l’amarrage d’un bateau concurrent, c’est tel autre qui échange ses informations météo et les premiers routages envisagés. On échange du matériel, on se donne des tuyaux, on file un coup de main pour vérifier une tête de mât ou procéder au carénage des coques. Des amitiés véritables se sont nouées pendant l’escale et c’est peut-être pour ceux qui sont repartis se ressourcer loin des Canaries que c’est le plus difficile de reprendre le fil. D’ici trois jours, tout sera revenu dans l’ordre.

Source : Mini Transat

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