• La tête de flotte a dépassé le cap Finisterre
  • Romain Mouchel à Lorient pour examens médicaux
  • Plusieurs arrêts prévus sur les ports des côtes espagnoles

Comme souvent, le golfe de Gascogne aura procédé à une sélection sans états d’âme. Alors que les hommes de têtes continuent de caracoler et de pousser les feux de leur machine, derrière on souffre. Entre les rafales dans les grains, la mer toujours abrupte aux abords de la côte cantabrique, le froid dominant, les moins aguerris encaissent et font le dos rond. Il s’agit de ne pas oublier que la Mini Transat îles de Guadeloupe est une course de longue haleine… Avant de prétendre être classé, il faut arriver.

Frédéric Denis P 800 Nautipark © Jacques Vapillon / Mini Transat Îles de Guadeloupe 2015Frédéric Denis P 800 Nautipark © Jacques Vapillon / Mini Transat Îles de Guadeloupe 2015

Le cap Finisterre est déjà loin dans le tableau arrière de Davy Beaudart qui continue de dominer la flotte des Minis de l’étrave et du maître-bau. Frédéric Denis (Nautipark) est relégué à 27 milles quand ils sont cinq à se tenir en moins de trois milles pour la troisième place. Clément Bouyssou (Le Bon Agent ! Bougeons l’Immobilier) s’emploie à contenir les assauts d’Axel Tréhin (Aleph Racing), Ludovic Méchin (Microvitae) et Simon Koster (Eight Cube) dans une mer qui a du mal à s’ordonner alors que le vent vire petit à petit au secteur nord.

Série : les écarts restent faibles

En série Ian Lipinski (Entreprises Innovantes) est toujours à portée de fusil de Tanguy Le Turquais (Terréal), Benoît Hantzperg (YCA Dhumeaux Secours Populaire) et Julien Pulvé (Novintiss). En cinquième position, c’est le retour de Jonas Gerckens (Netwerk) auteur d’une remontée époustouflante, puisqu’en 40 heures, le navigateur belge a repris 34 places. Jonas le dit de lui-même : «je suis plutôt un diesel». Visiblement, il a trouvé ici la bonne carburation. Il faudra néanmoins surveiller les navigateurs qui ont fait le choix de passer par l’ouest du DST dans le sillage de Olivier Taillard (Alternative Sailing – Kerhis) et Mathieu Bourdais (Tous au Large) : l’option rallonge sensiblement la route, mais ils devraient bénéficier d’un peu plus de vent et d’un meilleur angle au vent arrière pour attaquer la descente le long des côtes portugaises.

Usés par le golfe

Pour le gros du peloton, la traversée du golfe de Gascogne a dû ressembler au purgatoire. Ce n’était pas des conditions dantesques, mais l’alternance de longues périodes de pétole suivies d’un passage de front relativement musclé a secoué la flotte. Plusieurs concurrents en ont subi les frais : Romain Mouchel, blessé à une main, ne sait pas s’il pourra repartir de Lorient, Gilles Avril, victime d’une avarie (on suppose un démâtage) sera en contact avec un bateau accompagnateur ce soir. Deux autres concurrents vont sur Gijón : Florian Lakeman (Gimmick) à peine arrivé a signifié son abandon. Malade, il n’envisage pas de repartir. Le vétéran de la course Carlos Lizancos (Allianz-Saray) devrait lui aussi accoster dans le port asturien d’ici peu de temps. Maxime Eveillard (Héli Stratégy) aux prises à des soucis de gréement fait route vers La Corogne. D’autres concurrents semblent faire route terre comme Dominik Lenk (Dominiklenk.com) ou Yury Firsov (Magnum Sport). Cette cascade de renoncements souligne en creux la performance de ceux qui continuent vaille que vaille, sans avoir l’aiguillon du résultat comme antidote aux inévitables coups de mou. Devant, la pression du résultat est une formidable source de motivation. Derrière, il faut actionner d’autres leviers pour rester dans le match : se souvenir du temps de préparation, des heures passées à bichonner le bateau, des sacrifices que l’on a fait subir à ses proches pour réaliser son propre rêve. Enfin, il y a la promesse qu’au bout de l’étrave, on va enfin trouver le soleil, les glissades au portant et qui sait quelques dauphins qui accompagneront la course du bateau sous une pleine lune retrouvée. A ce moment-là, les doutes du golfe de Gascogne se seront vite estompés. C’est aussi la force des navigateurs solitaires de savoir oublier.

Ils ont dit :

Davy Beaudart (Flexirub - 865 - prototype)
"La troisième nuit en mer a été plutôt sportive. J'ai touché un bon vent de NO et j'ai passé toute la nuit à fond sous gennaker. En début de nuit, la mer était dure, croisée et le bateau grinçait de partout. Puis ça s'est calmé en milieu de nuit, la mer s'est rangée et j'ai pu accélérer. Je filais à 13-15 nœuds avec des pointes à 17 nœuds. Mon bateau est très stable à ces allures. Aucun bricolage à bord, je suis très content du bateau et de la manière dont je l'ai préparé. Je n'ai pas pu beaucoup me reposer car il y avait beaucoup de cargos et j'ai dû assurer une veille quasi permanente. Il reste beaucoup de milles, il faut que je reste rigoureux, que je ne lâche rien. "

Romain Mouchel (romainmouchel.com - 759 - série)
« Pour l’instant je vais d’abord passer les examens médicaux avant de prendre ma décision. Ce qui est clair, c’est que je ne repartirai pas s’il y a des risques médicaux et que les conditions météo ne sont pas propices. Je suis forcément déçu, mais je me laisse le temps de réfléchir. »

Classement du 22 septembre à 15h (TU+2)

Prototypes (Classement Eurovia Cegelec)
1 Davy Beaudart – 865 – Flexirub à 820,6 milles de l’arrivée
2 Frédéric Denis – 800 – Nautipark à 27,0 nm
3 Clément Bouyssou – 802 – Le Bon Agent ! Bougeons l’Immobilier à 37,4 nm
4 Axel Tréhin – 716 – Aleph Racing à 38,2 nm
5 Ludovic Méchin- 663 - Microvitae à 38,4 nm

Séries (Classement Ocean Bio-Actif)
1 Ian Lipinski – 866 – Entreprise(s) Innovante(s) à 869,4 milles de l’arrivée
2 Tanguy Le Turquais – 835 – Terréal à 5,4 nm
3 Benoît Hantzperg – 871 – YCA Dhumeaux – Secours Populaire à 6,0 nm
4 Julien Pulvé – 880 – Novintiss à 9,5 nm
5 Jonas Gerckens – 821 - Netwerk à 21,4 nm

Apprendre la voile sur Virtual Regatta

Samedi dernier, à 15h30, sous le soleil de Douarnenez, 72 marins ont pris le départ de la Mini Transat Iles de Guadeloupe 2015. Le même jour à la même heure, devant leur écran d'ordinateur, plus de 16 000 marins virtuels ont eux aussi pris le départ de cette belle aventure qu'est de traverser l'Atlantique sur un bateau de 6,50 mètres. Parmi ces marins virtuels, une trentaine de classes primaires ont largué les amarres, dans le cadre de l'opération « voile scolaire FFVoile/USEP Mini Transat ».

Source : Mini Transat

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