Romain Mouchel P 759 romainmouchel.com © Jacques Vapillon / Mini Transat Îles de Guadeloupe 2015
  • Franche accélération au passage d’un front froid
  • Les hommes de l’ouest reviennent en force
  • Romain Mouchel (romainmouchel.com) fait route sur Lorient pour raisons médicales

Changement de décor sur la Mini Transat îles de Guadeloupe. Avec l’arrivée d’un front, la pluie et le vent se sont invités au bal en même temps que les vitesses à deux chiffres. A bord des Minis, on a laissé tomber la VHF et les siestes réparatrices pour se concentrer sur la marche du bateau. Les Hommes de l’ouest reviennent fort. Ce sera sans Romain Mouchel, contraint à revenir au port après s’être cassé un doigt.

« L’espoir changea de camp, le combat changea d’âme ». Les hommes du sud, qui ce matin encore, pouvaient se féliciter d’avoir fait une excellente opération, doivent commencer à regarder dans leur tableau arrière, la cavalerie du groupe de l’ouest fondre sur eux. Comme quand ils ne progressaient encore qu’aux alentours de 6 nœuds de moyenne au classement de 15h, Davy Beaudart (Flexirub) trente milles plus à l’ouest fonçait à plus de 12 nœuds, entraînant dans son sillage les gros bras du circuit. A ce rythme, ils devraient être aux alentours du DST du cap Finisterre dans la journée de demain.

A l’ouest, du nouveau

A bord des Minis, les conversations badines des heures de pétole ont cessé d’occuper les ondes. Il s’agit maintenant de faire marcher le bateau au plus vite, compte tenu du fait que le vent devrait de nouveau mollir légèrement après le passage du front. Dans une mer qui s’est creusée, les concurrents naviguent le plus souvent sous Code 5, cette voile de portant un peu plus plate qu’un spi. Ça déboule en tête de flotte : chacun sait que les milles gagnés maintenant compteront double une fois que le vent mollira.
En prototype, les écarts se creusent : Alberto Bona (onlinesim.it) voit son trône vaciller. Entre Vincent Grison (Roll my Chicken) et Frédéric Denis (Nautipark) il y avait à 15h quasiment dix nœuds d’écart de vitesse au profit du second. Autant dire que les cartes vont être redistribuées rapidement. Il y a maintenant près de 50 milles de décalage entre la tête de flotte et Pilar Pasanau (Peter Punk) qui ferme la marche en prototype.
En série, le trio de tête Julien Pulvé (Novintiss), Patrick Girod (Nescens), Charly Fernbach (Le Fauffiffon Hénaff) pourra –t-il résister à l’accélération de Yann Claverie (Map Product) qui a su intelligemment se recaler dans l’ouest ? Lui-même devra ensuite tenter de contenir le retour des ambitieux Benoît Hantzperg (YCA Dhumeaux Secours Populaire), Ian Lipinski (Entreprise(s) Innovante(s)) et Tanguy Le Turquais (Terréal) qui tous déboulent à plus de dix nœuds.

Cap à l’est pour Romain Mouchel

S’offrir des déboulés sous spi, c’est la friandise des Ministes. Romain Mouchel en est pour l’instant privé. Le diagnostic médical, relayé par le PSP Flamant, semble confirmer que le navigateur s’est cassé un doigt et ne peut donc défendre ses chances normalement. Pour l’heure, Romain fait route sur Lorient avant de prendre une décision définitive. Il abandonne d’ores et déjà toute ambition au classement général. Reste à savoir ensuite si le goût de l’aventure l’emportera sur la déception de ne plus pouvoir figurer aux avant-postes de la course. Quoi qu’il en soit, la décision n’appartiendra qu’à lui. Il dispose d’une vingtaine d’heures de mer pour murir des choix qui seront de toutes façons difficiles à prendre. La Mini Transat Îles de Guadeloupe peut être fascinante, elle est aussi parfois cruelle.

Ils ont dit (depuis le PSP Flamant)

Pierre-Marie Bazin (Voiles des Anges – 709 – prototype) :
"J'ai environ 20 nœuds de vent. Je progresse entre 12 et 16 nœuds, ça va vite. Les moments de pétole ont été un peu pénibles surtout que je n'ai pas pris une bonne option. Ça fait plaisir de glisser comme ça. Mais la mer est hachée, c'est un peu le bazar."

Olivier Jehl (Zigoneshi-Wichard – 629 – prototype) :
"C'est top, ça surfe enfin, c'est le Mini qui parle ! Je relève 16 à 20 nœuds de vent. Je file à 12-13 nœuds avec des pointes à plus de 15 nœuds. Je fais route directe vers le cap Finisterre, j'ai l'impression qu'on est partis pour un bon sprint."

Plus tôt, ce matin

Davy Beaudart (Flexirub - 865 - prototype) : "Je suis en avant du front. J'ai un vent de sud-ouest de 12-15 nœuds, j'avance à 6-7 nœuds au près. La mer devient un peu agitée mais reste maniable. J'ai bien dormi, bien mangé, je suis d'attaque pour le reaching. J'ai hâte que la bascule se fasse car mon bateau marche bien à ces allures. Tout va bien à bord, je n'ai pas encore sorti la caisse à outils."

Yann Claverie (MAP Product - 579 - série) : "Je viens de passer 15 minutes à colmater une petite voie d'eau au niveau du safran. C'est réparé et ça n'a pas l'air d'être grand chose. Mais je surveille. Je suis parti bien au Sud et ça a l'air de pas mal payer. La deuxième nuit a été assez tranquille, j'ai pu pas mal dormir. Hier soir, j'avais 3-4 bateaux en visu mais ce matin je ne vois plus personne, même à l'AIS."

Classement du 21 septembre à 18h (TU+2) :

Prototypes (Classement Eurovia Cegelec)
1 Davy Beaudart – 865 – Flexirub à 1021 milles de l’arrivée
2 Frédéric Denis – 800 – Nautipark à 8,3 nm
3 Jean-Baptiste Daramy – 814 – Chocolats Paries – Coriolis Composites à 9,5 nm
4 Fidel Turienzo – 304 – Satanas à 12,3 nm
5 Alberto Bona – 756 – Onelinesimà 13,1 nm

Séries (Classement Ocean Bio-Actif)
1 Julien Pulvé – 880 – Novintiss à 1036,6 milles de l’arrivée
2 Patrick Girod – 824 – Nescens à 3,9 nm
3 Charly Fernbach – 869 – Le Fauffiffon Hénaff à 8 nm
4 Yann Claverie – 579 – MAP Product à 8,7 nm
5 Ian Lipinski – 866 – Entreprise(s) Innovante(s) à 9,6 nm

Source : Mini Transat

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