Golden Brown en Convoi Exceptionnel

Après une préparation de plus de 2 semaines, où il aura fallu trouver un véhicule avec un attelage, une remorque avec freinage adaptée au transport du bateau sur son ber, avoir effectué toutes les démarches administratives liées à une traversée de la France en convoi exceptionnel, s'être procuré toute la signalisation obligatoire pour ce genre de périple, panneaux et gyrophares, me voilà prêt, le 11 novembre à 14h, à partir d'Annecy pour rejoindre La Turballe, où m'attendent Bertrand, l'ancien propriétaire, et Golden Brown, que je dois ramener à Annecy.

se-levageUn grand MERCI à la société SE LEVAGE qui nous a prêté pour la semaine toute la signalisation, panneaux et gyrophares.
Merci Aurélie et Laurent pour votre accueil et votre disponibilité.
Après un faux départ du à un problème de connexion électrique de l'éclairage de la remorque, me voilà sur les routes, en direction de La Turballe, avec toute l'apréhension que génère ce voyage : même si je m'en sent capable, je n'ai jamais trimballé derrière moi un truc de 2,80 m de large et 3 m de haut, avec un convoi qui fera 15 m de long.

Arrivé à bon port

Après 11 heures de route, coupées par une pause sommeil dans le camion à Partenay, je me pointe vers midi le lendemain sur le port de La Turballe, sans avoir eu le moindre souci sur la route. Bingo.

Petite sieste réparatrice, et je retrouve Bertrand, l'ancien propriétaire du bateau, avec qui j'avais prévu de naviguer dans l'après-midi sur Golden Brown.
En fait, vu le boulot qui nous attend et le peu de vent, nous décidons d'attaquer direct la préparation du convoi.
Il nous faut metre le bateau à l'eau pour pouvoir démonter le ber et le réduire en hauteur en position basse, le postionner sur la remorque après lui avoir enlever ses roues, préparer le bateu à quai pour le dématage du lendemain, et aller boire un coup.

Heureusement que nous n'avons pas été naviguer, il fait pratiquement nuit lorsque nous terminons tout cela et nous retrouvons à la terrase d'un bistrot. Il fallait ça.

Ho hisse

Le lendemain, attaque à 8h30 : nous partons sur le bateau, à l'aviron jusqu'à la darse, à l'autre bout du port où nous avons rendez-vous à 9h pour démater et sortir Golden Brown de l'eau. Le grutier nous attend et prend en charge la manoeuvre, tout se déroule nickel, et le bateau est dématé, hissé, déquillé et posé sur la remorque. La quille, quant à elle, est "enfournée" dans le camion, avec les éléments et les roues du ber que nous avons démontés la veille, il ne me reste plus beaucoup de place pour caser mon marelas. La pause nuit s'annonce "non confort".

Ensuite, nous devons encore préparer le mât et l'amarrer au bateau, démonter le bout-dehors, mettre en place la signalisation du convoi, plus plein de petites bricoles qui nous prennent un temps fou. Bref, vers 13h, le convoi est prêt à partir. Ca dépasse de partout, en largeur, à l'arrière, en avant le mat est au-dessus du camion. Je n'en mène pas large.

Heureusement que Bertrand était là pour m'aider, j'y serais encore sinon. En fait, c'est plutôt moi qui l'ai secondé. Merci.

Top départ

Et me voilà parti au volant du bidule.

La remorque de la SRVA est vraiment super. Déjà à l'aller, elle ne se faisait presque pas remarquée en conduite, le double essieu y est sans doute pour beaucoup. Et là, avec un bateau extra large dessus, ça suit super bien et la conduite est très confortable.

Et paf, la boulette

Tout roule jusqu'au contournement de Poitiers où d'un coup, je ne vois plus dans mon rétro ma petite veilleuse qui me sert témoin d'éclairage de la remorque. Arrêt vite fait après un rond-point sur le côté de la route. C'était trop beau pour durer : il n'y a plus aucun éclairage de la remorque, le gyro arrière n'est plus alimenté non plus. Et c'est parti pour un recherche de panne : fusibles ok, je m'acharne donc sur la connexion camion-remorque, je démonte, je remonte, je redemonte, je trifouille pendant plus d'une heure, et d'un coup, ça remarche sans que je comprenne pourquoi. Je remonte vite fait la prise et hop, ça ne marche plus. Je finis par piger qu'il y a un faux contact dans la prise de la remorque. Manque de bol, les vis sont rouillées et je ne peux pas la démonter. Je sors mon rouleau de Power Tape, et en avant Guingamp, jimmobilise le tout avec un savant scotchage de mon cru. Ca marche, pourvu que ça dure...

Bienvenue dans le monde du Mini, tu es tout seul et tu te débrouille jusqu'à ce que ça tourne.

C'est reparti

Je roule super bien, il fait nuit maintenant et il y a de moins en moins de monde sur la route. Les deux gyros tournoient allègrement dans le noir, je ne sens aucune fatigue et je commence à tirer des plans sur la comète : au départ, j'avais prévu de tout faire pour m'arrêter au plus près de Macon, vu que l'autoroute A40 est interdite à la circulation en convoi exceptionnel à partir du vendredi à 12h, et que d'autres horaires de passage obligatoires à Mâcon, Nantua et Annecy m'obligent à être serré au niveau horaire pour arriver à destination le vendredi avant 17h.

Mais là, finalement, ça roule bien, il n'y a personne et la traversée de nuit dans les villages en est d'autant plus facile. Alors pourquoi ne pas envisager de continuer et aller carrément jusqu'à Mâcon pour pouvoir prendre l'autoroute ce soir ou demain matin ? Option validée.

Boulette again

C'est bon, j'ai toute ma tête en éveil, pas de fatigue, quelques pauses de temps en temps pour souffler, et le trajet me semble se dérouler à un bon rythme. Je passe au sud de Mâcon et prend l'A40 vers 1h du matin, avec l'intention d'en faire un maximum et me poser à la sortie d'Eloise, près de Bellegarde-sur-Valserine. Il mes restera une trentaine de bornes jusqu'à Annecy, et on pourra déballer le colis dès le matin.

Un coup d'oeil sur la veilleuse... Plus de veilleuse ! En plein sur l'autoroute, en pleine montée dans la voie des véhicule lents. Panique !
Un panneau m'indique l'aire de repos de Ceigne Haut-Buget dans 10 km. Je vous engage à conduire sur l'autoroute, de nuit, sans signalisation arrière, vous verrez si vous ne faites pas de l'huile. En tout cas moi j'en fait.
Heureusement, il n' y a quasiment personne, et les rares voitures qui me doublent ne semblent pas troublées par mon manque de visibilité.

Enfin, l'aire de repos. Waouh, c'est plein comme un oeuf, tous les routiers du monde se sont donnés rendez-vous ici. Je trouve finalemen t une place et j'arrête les frais.
Même pas envie de m'attaquer au problème de nuit, d'autant qu'il fait un petit froid de canneton. Hop, direction dodo, tout à l'heure, il fera jour.

Dernière ligne droite

 Effectivement, à mon réveil, il fait jour, normal. Je m'attaque à l'éclairage de la remorque avec beaucoup moinsd d'apréhension qu'à Poitiers, et sans détour, je déscotche tout, essaie de trouver un point de contact fiable, je je rescotche le cable et la prise super fixe. Et ça tient, c'est ça le pire.

Je sort de l'autoroute et passe La Balme de Sillingy à 9h. J'arrive à joindre Eric peu de temps après, et je le préviens de mon arrivée dans les 20 minutes.
Je repars et me pointe rue des Marquisats où mon Eric me fait la circulation pour entrer le convoi sur le terre-plain du port. 

Posé pour l'hiver

Nous voilà bien arrivés, Golden Brown et moi, et nous commençons direct à nous attaquer avec Eric au déballage du colis et son rangement pour l'hiver sur le quai. En résumé, ça veut dire que l'on doit refaire en sens inverse tout ce que j'ai fait la veille avec Bertrand.
A un moment, j'avoue que j'ai un gros coup de faitigue, et que je commence à ne plus être très lucide. Eric prend les choses en main et je les lui laisse volontiers.
Au fil des heures, nous bénéficions de l'aide et des conseils de pas mal de membres de la SRVA, ce qui me permet aussi de faire leur connaissance. Merci à eux.

Bref, au terme d'un après-midi defforts, de grutages multiples pour que chaque remorque retrouve son bateau d'origine, Golden Brown est posé à son emplacement pour l'hiver. C'est beau.

Là ça y est, l'aventure commence vraiment, on peut la toucher du doigt, et le travail qui nous attend, moi et tous ceux qui voudront bien y prendre part, m'excite autant qu'il m'inquiète vue la masse de choses qu'il y a à faire.
Mais bon, l'essentiel est fait pour le moment, et c'est un premier pas important qui vient d'être fait en posant Golden Brown sur ce quai annécien.

 

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