• Retour sur les cellules de vie à bord des Minis
  • Prototypes et séries, des différences flagrantes
  • Vie au grand air : des philosophies différentes

Trois semaines durant a minima, les Ministes vont vivre à bord de leur bateau partageant leur temps entre un cockpit régulièrement assailli par les embruns et une cellule de vie réduite à sa plus simple expression, dès lors qu’il s’agit de rentrer à l’abri. Confort du bateau, philosophie du bonhomme ou critères de corpulence vont être déterminants dans la manière d’appréhender cette sorte de quadrature du cercle : comment trouver du repos et du confort dans un espace dédié avant tout au matossage.

Proto ​888 - Simon Koster © Jacques Vapillon / Mini Transat Îles de Guadeloupe 2015Proto ​888 - Simon Koster © Jacques Vapillon / Mini Transat Îles de Guadeloupe 2015
Série 835 - Tanguy Le Turquais © Jacques Vapillon / Mini Transat Îles de Guadeloupe 2015Série 835 - Tanguy Le Turquais © Jacques Vapillon / Mini Transat Îles de Guadeloupe 2015

Trophée Eurovia Cegelec des Prototypes : tout pour la vitesse

Pas d’illusion à se faire pour les coureurs qui vont courir pour le Trophée Eurovia Cegelec. Entre le maitre-bau surbaissé pour diminuer la prise au vent, l’espace réservé au puit de quille et aux palans permettant d’actionner la tête de l’appendice, la surface disponible est d’emblée réduite à la portion congrue. D’ailleurs, en prototype, presque tous les coureurs l’avouent : l’essentiel de leur vie se passera dehors dans le cockpit. A bord de certains bateaux comme le Microvitae de Ludovic Méchin, entrer et sortir relève déjà de l’exploit tant la trappe qui permet de faire la transition entre le pont et la cabine est étroite. A bord des prototypes, le carbone dominant reste brut, l’intérieur de la cabine évoquant plus un couloir de mine que le confort d’un camping car.
A bord, la vie quotidienne se résume au minimum vital. Dormir consiste à trouver une place en chien de fusil dans un capharnaüm de voiles, de bouts, et de bidons de matériel. Seule concession au confort pour certains : l’adjonction d’un petit matelas mousse le plus léger possible, donc le plus fin possible. Pour préparer ses repas, le solitaire utilise le plus souvent un petit réchaud et un unique récipient pour chauffer de l’eau : lyophilisé ou conserves, c’est ensuite selon les goûts de chacun.

Trophée Ocean Bio-Actif des bateaux de série : le confort trois étoiles

A bord des bateaux de série, l’ambiance change du tout au tout. Un espace vital autrement plus vaste, de larges hublots pour éclairer l’intérieur du bateau, l’absence de puits de quille rendent la vie à bord autrement plus facile. En outre, la construction verre-époxy à base de blanc permet d’égayer l’ambiance intérieure. C’est d’ailleurs, une des différences flagrantes entre prototypes et bateaux de série. Dans le premier cas, l’intérieur est plus souvent conçu comme un vaste placard au sein duquel on fait des incursions plus ou moins régulières. Dans l’autre, c’est un véritable espace de vie où certains vont essayer de passer le plus de temps possible. Ainsi Ian Lipinski (Entreprises Innovantes) reconnaissait vouloir passer le plus clair de ses nuits à l’intérieur de la cabine, au sec, la meilleure formule selon lui pour ne pas gaspiller d’énergie.
La première étape joue souvent le rôle de juge de paix, mettant parfois à mal quelques certitudes concernant l’organisation du bord. Ensuite, il faudra s’habituer dans les alizés de la deuxième étape à jouer avec la chaleur, à savoir se protéger du soleil, à organiser sa routine quotidienne… Chacun a ses astuces de rangement qui se peaufineront au fur et à mesure de la traversée. Minimalistes bordéliques, obsessionnels de l’organisation, tous trouvent petit à petit le fonctionnement qui leur convient le mieux… L’essentiel étant de vivre sa traversée en accord avec son mode de fonctionnement.

Ils ont dit :

Maxime Eveillard (Sea Zaitre, prototype)
« Mon matelas de camping, c’est le seul confort que je m’autorise à bord. Je m’efforce aussi de garder des sous vêtements secs tous les jours. Sinon, j’ai mon réchaud pour réhydrater les lyophilisés, quelques barres de céréales. Dans la cabine, je n’y suis que pour dormir, matosser et faire la navigation. On passe beaucoup d’heures à la barre. »

Sylvain Michelet (A chacun son Everest, Série Tip-Top)
« L’intérieur du bateau, c’est un grand confort, c’est incroyable. Mais j’ai pris l’habitude de ne pas trop vivre dedans. Quand les conditions le permettent, je dors dehors. Pour moi, la cabine c’est un grand placard, on a beaucoup de place pour ranger nos affaires, c’est super. »

François Jambou (Concevoir et construire, Série, Pogo 2)
« Quand je ne vais pas plus vite à la barre, je branche le pilote et je passe mon temps dans la cabine. J’en profite pour assécher le bateau. Je passe la tête par dessus la descente pour vérifier qu’il n’y a rien autour. Il faut juste être rigoureux sur le rangement. Après quand une voile est mouillée, je la laisse sur le pont pour éviter de tremper le bateau. Sur un proto, je pense que la vie n’est pas la même. Un Pogo 2 est agréable à vivre. Si je fais du proto plus tard, je crois que je mettrai un coup de peinture blanche à l’intérieur. Ce ne sera pas du luxe… »

Noël en septembre

C’est tous les jours Noël sur la Mini Transat Iles de Guadeloupe ! Depuis l’ouverture du village, samedi dernier, les coureurs reçoivent une surprise : un cadeau, offert par les différents partenaires de la course. Il y a eu un ti punch, des séances de balnéothérapie, une pochette étanche avec, à l’intérieur, des cagnards ayant appartenus à un coureur de la Mini 2013 ; et il y aura aussi des plaids, des crêpes, des compotes, du pâté et du saucisson, le dernier numéro du Chasse Marée… Autant d’attentions utiles et appréciées qui ne se retrouveront pas au fond du placard.

Les bras chargés de paquets, les organisateurs de la Mini Transat Iles de Guadeloupe passent chaque jour sur les pontons du Port Rhu et toquent aux cockpits des Mini pour faire la distribution de cadeaux de partenaires.
Le rhum Longueteau, les Résidences d’Armor, Hénaff, Materne, le Chasse Marée, les dentifrices Ocean Bio Actif, la Thalasso de Douarnenez et Pelle Stores ont ou vont, tour à tour, jouer au Père Noël chez les Pen Sardin, au cœur du mois de septembre.
Quant aux bénévoles de la course, ils vont préparer des crêpes pour accompagner le cidre offert le week-end dernier aux futurs solitaires.

Maxime Eveillard (Heli Strategy) : « C’est génial ces cadeaux, une super attention ! On est de toute façon toujours très bien accueillis à Douarnenez. J’ai mis le cidre au frais et je vais me servir de la pochette pour mettre mes cartes. Et demain, je penserai à mettre mes chaussons dehors pour le prochain cadeau ! »

Sylvain Michelet (A chacun son Everest !) : « c’est vraiment très sympa ! Surtout la pochette avec des cagnards de la Mini Transat 2013… Ce qui serait parfait ce serait d’avoir la même au Nautic avec les cagnards de cette année ! On connaît l’importance des partenaires, on apprécie d’autant plus ce geste. »

Simon Koster (Eight Cube) : « C’est vraiment cool et agréable, en plus ce ne sont que des cadeaux utiles, notamment la pochette. Et puis, il y a tellement de gens qui nous aident sur ces projets, que ça peut aussi servir à faire des cadeaux ! »

Tanguy le Turquais (Terreal) : « Ca fait vraiment super plaisir, c’est une excellente idée, tout a servi ou va servir, surtout la pochette avec les cagnards 2013 : le top aurait été d’avoir le numéro du bateau qui les avait portés. Ça a beaucoup de sens en tous cas et c’est aussi un plaisir de voir les gens de l’organisation qui viennent nous les apporter. J’ai hâte d’être à demain pour le prochain cadeau ! »

Et demain, de quoi seront remplies les bottes des coureurs ? Un indice ? Le mardi, c’est pâté.

Source : Mini Transat

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